À propos

Nous faisons partie de la Commission Féminismes Paris, et ceci est un blog dédié aux différentes tribunes,  réflexions, écrits des membres. Ce n’est pas un blog porte parole, c’est un centre de réflexion.

Les propos tenus n’engagent que leurs auteur-es et pas l’ensemble de la commission Féminismes.

La place de la République n’est pas l’unique lieu de la région Île-de-France où se rassemblent les Assemblées de Nuit Debout : Place des Fêtes, Denfert-Rocherau, Ménilmontant-Sorbier, ainsi qu’à Bagneux, Clamart, Malakoff, Mantes la Jolie, Rambouillet, Cergy, Créteil, Ivry, Villejuif, Bonneuil-sur-Marne et Vitry, Aubervilliers, Clichy, Montreuil, Noisy, Pantin, St Denis et St Ouen… On fait tache d’huile 🙂

Tout.e.s DEBOUT !

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Rose Prudence dit :

    Pour mémoire, un texte de christiane sur la non-mixité du MLF, écrit en… 1970
    LA POLITIQUE C’EST LA VIE MEME 2

    Beaucoup d’entre nous ont commencé par parcourir, d’une manière presque fatale, les étapes suivantes :
    1. «Avant», on est contre le principe de séparer «le problème de la femme» du reste du contexte social et de le traiter à part. On lutte durement au niveau individuel, mais on refuse très fermement de s’insérer dans les «unions» des femmes, dans les «sections féminines» des partis (horreur!!!), on est agacées par les «rubriques féminines». Les problèmes politiques ne peuvent être que communs. Certaines d’entre nous sont de fanatiques de la mixité.
    2. On entend parler d’un «mouvement de libération des femmes». On est alertée – parfois par des petits détails: le ton d’un manifeste, l’humour d’une action. On dresse l’oreille, subitement intéressée: de ce moment on cherche activement à s’informer. On a ressenti comme un déclenchement, un signal, en résonance avec quelque chose de profondément enfoui en soi; comme un éveil, et on se met en marche.
    Néanmoins, ça dérange que ces mouvements soient composés uniquement de femmes. On pense vaguement peut-être que c’est une erreur. On n’aime pas la ségrégation. Et puis beaucoup n’aiment pas non plus le mot «féministes».
    3. On y va tout de même. En curieuse la première fois. Pour voir. Du moins c’est ce qu’on dit. Souvent, la première intervention de la «visiteuse» est: Mais pourquoi n’êtes-vous pas mixtes? Cette question paraît énerver un peu. L’explication donnée n’est pas des plus claires. En gros: on ne peut pas. Rien de convainquant.
    La réunion non plus, dans la plupart des cas.
    4. Huit jours après, on y est jusqu’au cou (peu d’exceptions). Quand la «visiteuse» de ce jour-là, venue en curieuse, pour voir – croit-elle – demande: Pourquoi n’êtes-vous pas mixtes? On sent un léger agacement. On s’entend répondre que, voilà, c’est comme ça. On ne peut pas. On se rend bien compte que l’explication n’est pas des plus claires, ni convaincante. On pense: c’est drôle, qu’est-ce qui m’est arrivé?
    Ce changement n’est pas le résultat d’une réflexion, encore moins d’une analyse. Il s’est fait. On ne peut que le constater: voilà, je ne suis plus pour la mixité à l’intérieur du mouvement.
    Les amies restées dehors remarquent qu’on est «très en forme»; et s’étonnent de nous voir passer d’un seul coup (quoi, toi qui, avant, etc.) à la ségrégation. On dit: oui c’est vrai c’est étonnant. Les amies trouvent que ce serait mieux mixte, ne comprennent pas pourquoi ça ne l’est pas, est-ce que le problème ne concerne pas aussi les hommes? Oui, certainement, et peut-être ceux qui s’en rendent compte vont faire des groupes aussi. Alors pourquoi pas ensemble? disent les amies. Eh bien, pourquoi ne faites-vous pas un groupe mixte vous? Ce serait très bien qu’il y ait des groupes mixtes «aussi», excusez- moi j’ai une réunion.
    Un peu plus tard on pourra même dire: une réunion féministe. On n’a plus rien contre le mot.
    5. À peu près vers la deuxième semaine, nous notons sur nous-mêmes d’intéressants phénomènes.
    Réflexions prises sur le vif:
«Je suis beaucoup plus calme.»
«Je ne suis pas moins en colère, mais je m’énerve moins.»
«Depuis quelques jours, je vis comme dans un rêve.»
«Bizarre, je ne vois plus les hommes de la même façon. Je ne suis pas du tout plus hostile non, ce n’est pas ça. Je suis placée autrement.»
    «Quand des types m’interpellent dans la rue, je suis prête à faire front; quelquefois ça me met en colère, quelquefois ça me fait rire; mais c’est plus franc, moins gêné.»
    «Pour la première fois, je me suis sentie dans ma peau.»
    «Je suis beaucoup plus gaie depuis.»
    «Dans la rue, je marche mieux. J’ai l’impression de tenir sur mes deux jambes.»
    «Je crois que j’ai plus d’énergie. Je suis crevée, mais j’ai des masses d’énergie.»
    «J’ai retrouvé ma voix.»
    «Je respire mieux», ça c’est très souvent: il paraîtrait que les deux sens du mot «oppression» ne vont pas l’un sans l’autre. Ces changements, qui surviennent avec une rapidité étonnante, ont un air irréversible. Ils ne sont pas une fin (de toute façon, on ne les avait ni cherchés ni prévus), ils ressemblent plutôt à un prélude: c’est maintenant que ça commence. Mais alors on est sûre que c’est quelque chose de bien réel qui commence.
    «L’ennui avec ces groupes, dit une nouvelle venue dans le Women’s Liberté US, c’est que ça vous change personnellement: la vie personnelle et la politique sont fondues.»
    Tiens. Comment diable se fait-il qu’ils se trouvaient séparés?

    Christiane Rochefort

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